La députée Sandrine Josso, à Nantes le 30 janvier 2026 ( AFP / Loic VENANCE )
Le président du Sénat Gérard Larcher a exprimé samedi son "soutien" à la députée Sandrine Josso après la condamnation du sénateur Joël Guerriau pour l'avoir droguée à son insu, et a dit à l'AFP vouloir prendre contact avec elle "dans les prochaines jours" pour évoquer l'affaire.
La députée MoDem avait adressé en fin de semaine un courrier au président de la chambre haute pour lui demander de sortir de son "silence" à son égard et de faire la lumière sur de "graves dérives" impliquant le Sénat.
Mme Josso "se dit être à ma disposition pour évoquer l'ensemble des éléments de cette affaire, j'y suis bien sûr favorable et prendrai contact avec elle dans les prochains jours", a écrit Gérard Larcher dans une déclaration à l'AFP.
"Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je tiens a exprimer mon soutien à l'égard de Mme Sandrine Josso, dont nous mesurons la souffrance face à cette épreuve", a-t-il ajouté.
L'ex-sénateur Joël Guerriau a été condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, coupable d'avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer. Lui plaide un accident et a fait appel.
Une "condamnation exemplaire", selon M. Larcher. "La justice est passée et je m'en félicite", a-t-il ajouté.
Dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie, la députée avait dit regretter que M. Larcher ne soit jamais "venu prendre quelques minutes pour échanger" avec elle, alors qu'elle s'était plusieurs fois rendue au Sénat depuis les faits dans le cadre de sa mission gouvernementale sur la soumission chimique.
Elle s'est également dite "peinée" et "surprise" face au "silence" du sénateur des Yvelines, à qui elle avait déjà écrit par deux fois depuis les faits, sans réponse selon elle.
Elle s'est par ailleurs inquiétée du fait que M. Guerriau a affirmé avoir reçu la drogue auprès d'un autre sénateur.
Et s'est interrogée sur des révélations de Mediapart, le média ayant affirmé que le Sénat aurait fait pression sur le gendarme audiovisuel (l'Arcom) pour mettre en garde l'émission Complément d'enquête sur France 2, dont un volet a été dédié au Sénat.
Sans répondre sur ces points, Gérard Larcher a rappelé avoir "autorisé une perquisition dans les locaux du Sénat", "transmis sans délai l'ensemble des documents requis par la Justice" et "saisi le Comité de déontologie parlementaire".
Selon lui, M. Guerriau avait "refusé, dans un premier temps, mon invitation à démissionner de son mandat". "Je pouvais demander à Monsieur Joël Guerriau de démissionner, je ne pouvais l'y contraindre", s'est-il défendu.
"Seul le Conseil constitutionnel peut démettre un parlementaire de son mandat après une condamnation définitive, ce qui a pu susciter, je le reconnais, une certaine incompréhension", a-t-il ajouté.

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